A Winter in Denmark- 2: Revolutions

How long should a revolution last ?

Bonjour Msieurs-dames ! Aujourd’hui, une courte reflexion à propos des manifestations, et des mouvements populaires en général, avant de retourner au français avec la suite du feuilleton commencé ici

Last Wednesday we showed the school a documentary about arab spring in Egypt. “The Square” highlights the crossed destinies of a handful of brave citizen reclaiming their fundamental rights, opposing successively two violent, oppressive governments. During almost three years they struggle to make theirs and keep alive the Tahrir square, in Cairo, as a symbol of people’s emancipation.

Three years is an awfully long time to spend in protests, outside in the street, with the constant fear of being stormed over by the military, or picked from your bed in the middle of the night by the secret police. And after this time, the outcome is not even clear. A military-based oppressive regime has been replaced by a radical islamic-based oppressive regime… Ahmed, one of the main characters of the documentary, ends up saying that revolution has been his entire life, and that he is not going to stop, even when the success brings another government into place.

The revolutionary man has no private interest, neither business, feelings, bonds: his whole being is devoted to a single goal, a single idea, a single passion: the Revolution

Lenine (translated from french, I didn’t find the original source)

But what is a revolution if not a transition period? Would you live in a state of permanent unrest, protest and insecurity?

This Friday is going to be the first day of the a large-scale action called “Earth Strike”, a world-wide movement for climate justice. Climate marches will be held in hundreds of cities, dozens of countries. Two other protests are scheduled before the real strike in September.

Climate and environment protests have been around for so long. How long more before we see professional climate activists? Not only people who are paid for that (they exist already, and are needed to keep it organised), but people whose lives have been devoted to this fight, to the point that if their demands were met, they would keep fighting, not knowing what else to do. How long before we believe, like Ahmed in The Square, that the revolution is not a mean any more, but a way of life?

« By continuously trying one eventually succeeds. Hence: the more it fails, the more chances of success ». Does the twisted logic of shadoks apply to climate marches ?

Off course, “climate justice” is a broader demand than “Trump resign”. Even in the best case scenario, I doubt that there will be lack of work for environment vigilantes. But if you are one of them and like the revolutionary atmosphere of protests, remember that what you want is the not the revolution, but what comes after…

Links :

https://www.earth-strike.com

Et pour les francophones, voici une vidéo franco-belge que j’ai visionnée juste après l’écriture de l’article : le constat est le même, sincèrement présenté et tourné de tout côtés :



… On this happy note, let’s resume our weekly sitcom of Brenderup’s free school !

Fée d’Hiver 2 – Un froid de canard

Heureusement, les espoirs du proviseur tardèrent à se réaliser, nous laissant le temps de nous acclimater. Je repérais vite les couloirs et poternes permettant de rester au chaud aussi longtemps que possible, avant de déboucher dans le jardin. Celui-ci accueillait une demi-douzaine de constructions, dont les plus grandes servaient de salles de classe.

La « Strawberry House » devait son nom à l’erreur d’un étudiant quelques années auparavant, qui trébucha sur la prononciation de « strawbales ». En effet, les murs de cette splendide salle étaient faits de bottes de paille couvertes d’un platre blanc éclatant, et percés au sud de hautes baies vitrées. Sa toiture végétale, courbée comme une feuille en pleine chute, laissait entrer la lumière hivernale tout en laissant dehors les rayons agressifs du soleil d’été. En amateur de constructions bioclimatiques, je tombai sous le charme au premier coup d’œil. A l’intérieur, un petit panneau nous invitait, en danois et en anglais, à retirer nos chaussures. Nous débouchions alors sur un vaste plancher inondé de lumière. Ses longues lattes de bois blanc s’alternaient par fuseaux comme des grains de blé sur un épis. Un délice pour la plante des pieds.

Des bancs de bois bruts poussaient comme des branches vivantes le long des murs extérieurs, mais je préférais généralement m’asseoir sur le sol. Les profs en faisaient autant.

Pieds nus et cheveux fous, Tarah nous y attendait. Elle était proffe depuis moins d’un an, son énergie et son enthousiasme pour la terre et ce qui y pousse était communicatif. Etalés plus ou moins esthétiquement sur le parquet poli, nous l’écoutâmes parler de Bill Mollisson, David Holmgren et de la régénération des écosystèmes. Tarah avait obtenu son certificat de permaculture en Norvège, qui accueillait toutes les montagnes dont le plat Danemark n’avait pas voulu. En conséquence les terres cultivables y sont rares, et les pentes peu propices aux lourds tracteurs rendent indispensable la traction animale. C’est cette rareté et proximité avec les éléments qui guidaient les principes de la jeune enseignante.

Désireuse de nous mener à l’air frais, elle nous guida à travers la partie permacole du jardin, sur lequel l’hiver semblait avoir moins de prise.Dérangeant deux couples de canards, nous nous serrâmes frileusement autour d’une plate-bande. De robustes salades s’y épanouissaient, émargeant d’une couverture de paille.

« Cette plante est appelée wintercress, elle pousse tout au long de l’année.Vous pouvez cueillir ses feuilles en partant de la périphérie, elle en développe de nouvelles. Allez-y, goûtez ! C’est amer, mais plein de nutriments. C’est aussi une plante excellente à avoir dans son jardin en hiver. Comme elle reste vivante, elle garde le sol couvert quel que soit le climat. »

Pendant que nous mastiquions des feuilles au goût de roquette, je considérais mes camarades étudiants. Emmitouflés dans leurs moufles, parkas, bonnets, bottés, ils formaient une brochette hétéroclyte que je commençais doucement à connaître. De petites belges bohèmes, de laconiques barbares danois, dandys barbus débonnaires, des latinas loquaces, assaisonnés d’un intello israélien, d’un exilé syrien, d’une farouche groenlandaise, et j’en passe. Toute cette petite population s’amalgamait progressivement au fil des couloirs, des repas en commun des cours et des soirées, et je savais d’expérience que la vie en commun nous rapprocherait bien plus au fil des mois.

Levant les yeux sur la façade de la cour intérieure, j’avisais une silhouette devant une fenêtre éclairée. La lampe projetait dans la chambre une silhouette gigantesque, qui semblait se voûter le long du plafond. Je ne la reconnus pas, ce qui n’était guère surprenant. Des élèves continuaient régulièrement d’arriver, et certains mettaient plusieurs jours à se remettre du décalage horaire, n’apparaissant qu’à la nuit tombée.

Il faut dire que tomber, elle adorait ça. A peine levé, le pâle astre solaire n’attendait que de retourner sous l’horizon. Le cours de permaculture terminé, je me hâtais de sortir pour explorer les environs. Il était bientôt quatre heures et le soleil, déjà, renonçait. J’avais proposé la balade à une poignée de personnes croisées dans les couloirs, Sonya avait répondu présente. Quand elle s’était levée pour rejoindre les profs le jour de la présentation des sujets, j’avais appris qu’elle enseignerait la sociologie et la psychologie comportementale. J’avais choisi de ne pas suivre ce cours, étant déjà partiellement informé sur ces disciplines fascinantes. Ça ne m’empêchait pas de sauter sur les occasions de discuter d’effet rebond, de sociologie de l’énergie, et plus généralement du monde fascinant des humains aux si faillibles cerveaux….


2 commentaires sur “A Winter in Denmark- 2: Revolutions

    1. Thank you for the comment ! I question the role of Europe along this blog, but I still think that it is the best international institution to put into place regulation on carbon emissions. This article links environment and solidarity (https://www.c40.org/blog_posts/how-a-socially-just-ecological-transition-could-bring-europe-together), while this European petition calls for a very simple and powerful tax on carbon that could be just, efficient and incentive for countries outside Europe (https://theclimateinitiative.eu/)

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